13 Oct

Le sommeil et ses troubles

Le sommeil normal

Le sommeil est une activité physiologique nécessaire au fonctionnement vital de l’organisme. Il se caractérise par une suspension de la conscience, alternant avec les périodes d’éveil, et est associé à une régulation de toutes les fonctions physiologiques (respiratoire, cardiovasculaire, thermorégulatrice, endocrinienne…) et la survenue de rêves.C’est un processus à la fois passif (cessation de l’éveil) et actif (nécessité de l’activation de certaines structures du cerveau et intervention de neuromédiateurs pour que survienne l’endormissement). L’alternance veille/sommeil est synchronisée sur 24 heures selon un rythme dit « circadien » par une « horloge interne ».Le sommeil est organisé en environ cinq cycles de 90 à 100 minutes. Chaque cycle est composé d’une alternance de sommeil lent (SL), puis de sommeil paradoxal (SP) ou rapide encore appelé sommeil des rêves. Le sommeil lent comporte 4 stades de profondeur croissante caractérisé par un ralentissement de plus en plus important de l’activité cérébrale, et des ondes lentes à l’enregistrement EEG. Le sommeil paradoxal doit son nom à une activité cérébrale électrique rapide et des mouvements oculaires incessants alors que le relâchement musculaire est maximal. Les 1ers cycles de la nuit sont plus riches en SL profond, alors que les derniers ont une plus grande proportion de SP, donc de rêves.Nous dormons en moyenne à l’âge adulte, sept à huit heures par nuit (1/3 de notre temps), néanmoins de manière normale la durée pour se sentir en forme, peut varier de quatre à dix heures selon les individus. Le sommeil est réparti chez l’adulte en une seule période qui coïncide en général avec la nuit.Chez le nouveau-né et le nourrisson, le sommeil est beaucoup plus prolongé (2/3 du temps) et est également fractionné en plusieurs périodes, cette fragmentation disparaissant avec la croissance. Une fragmentation est également fréquemment rencontrée chez la personne âgée, expliquant en partie la fréquence des plaintes à cet âge.L’appréciation du sommeil se fait sur le plan quantitatif mais également qualitatif. Les raisons des perturbations du sommeil dans la vie quotidienne sont nombreuses, travail de nuit ou posté, siestes prolongées, bruit, augmentation thermique externe (température trop élevée de la chambre) ou interne (fièvre), prises d’excitants (caféine, alcool…), anxiété, mais également de nombreuses maladies ou certains médicaments.

Les troubles du sommeil

Les insomnies : Les plaintes les plus fréquentes sont représentées par les insomnies (retard à l’endormissement, réveils nocturnes, réveil précoce..) et un quart des gens se plaignent de leur sommeil. Ces troubles entrainent fréquemment des problèmes de somnolence dans la journée. Le recours à l’automédication est fréquent amenant souvent à une escalade thérapeutique alors que les hypnotiques ne sont qu’une partie de la solution. Il est probable également que de nombreuses plaintes surviennent alors que les besoins physiologiques en sommeil sont couverts, en particulier pour les « petits dormeurs ».L’excès de sommeil : A l’inverse certains se plaignent d’un excès de sommeil diurne et/ou nocturne pouvant être en lien avec une maladie spécifique du sommeil : hypersomnie idiopathique, narcolepsie cataplexie (maladie de Gélineau), associant des endormissements irrépressibles dans la journée et des chutes brutales du tonus sans perte de connaissance lors des émotions…Ces pathologies sont importantes à prendre en compte, notamment du fait de leurs retentissements sur la vie quotidienne et de leurs risques potentiels d’accidents. Elles sont très certainement sous diagnostiquées alors que des traitements médicamenteux existent.Le sommeil peut également s’accompagner d’autres troubles tels que ronflements, apnées, impatiences ou mouvements périodiques des membres inférieurs responsables d’un sommeil de mauvaise qualité et également d’une somnolence diurne. Le syndrome d’apnées du sommeil entraine également un retentissement plus général, particulièrement cardio-vasculaire avec HTA et troubles du rythme cardiaque. Dans les deux cas, une prise en charge spécifique doit être proposée.Troubles du rythme veille/sommeil : Ces perturbations peuvent survenir lors des épisodes de décalage horaire (jet lag), lors du travail posté ou lors des anomalies de synchronisation veille/sommeil sur les 24 heures avec possibilité d’avance de phase ou beaucoup plus souvent de retard de phase : le sommeil est décalé avec endormissement et lever très tardif, difficilement compatible avec une vie sociale normale.Les parasomnies sont caractérisées par des manifestations paroxystiques lors des différents stades de sommeil : somniloquie (parler pendant le sommeil), rythmies nocturne (balancements) et crampes nocturnes lors de la transition veille/sommeil, terreurs nocturnes et somnambulisme (déambulation) lors du sommeil lent profond, cauchemars lors du sommeil paradoxal et bruxisme (grincement de dents) lors du sommeil lent léger. Elles sont assez facilement identifiables et ne justifient pour la plupart d’aucune prise en charge particulière.

Prise en charge

Beaucoup de ces troubles peuvent être pris en charge en consultation simple. Dans ces cas, il faut noter l’importance de l’interrogatoire précisant l’ancienneté des troubles, leur description exacte, les antécédents personnels et familiaux, de l’examen clinique, de la tenue d’un agenda du sommeil, le plus souvent sur un mois. Des échelles de somnolence, de qualité de vie permettront d’apprécier le retentissement des troubles. Tout cela permet d’identifier la plupart des problèmes et de débuter une prise en charge spécifique.Dans certains cas bien individualisés, des enregistrements polygraphiques ambulatoires ou polysomnographiques seront nécessaires en laboratoire spécialisé du sommeil. La polysomnographie comporte l’enregistrement de nombreux paramètres du sommeil : enregistrement EEG, ECG, de l’activité musculaire, des mouvements oculaires (EOG), des mouvements respiratoires, du taux d’oxygénation du sang, du ronflement…L’enregistrement se déroule en général sur une ou deux nuits auquel pourra être associé des enregistrements diurnes de maintien d’éveil, des tests de latence d’endormissement. Une prise en charge spécifique, adaptée au problème mis en évidence est alors proposée.

Chez les enfants, les troubles du sommeil s’expriment essentiellement par des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes ou un réveil matinal précoce. Lorsqu’ils se répètent, ils provoquent une somnolence et une irritabilité dans la journée. Ils nuisent parfois au développement de l’enfant.

Le sommeil chez l’enfant et l’adolescent

Chez un enfant, insomnies ou somnolence dans la journée peuvent être un signe d’anxiété et doivent toujours faire l’objet d’une consultation médicale. Pendant la puberté, période de croissance intense, les adolescents ont besoin d’une heure de sommeil de plus que lorsqu’ils étaient plus jeunes. Pourtant, ils dorment souvent une heure de moins ! Les adolescents ont souvent des difficultés à se lever et une tendance à somnoler dans la journée, mais ils n’ont pas sommeil à l’heure où ils devraient aller se coucher. Il semblerait en effet que leur rythme de sommeil soit décalé (coucher et lever plus tardifs), mais l’origine de ce changement physiologique reste obscure.

Quelle est l'origine de l'insomnie chez l'enfant ?

Les troubles du sommeil sont assez fréquents chez l'enfant : ils concernent 20 à 30 % des enfants de moins de 6 ans, 10 % des 6 à 12 ans, et 15 à 20 % des adolescents. Ils sont le plus souvent dus à des changements dans l’environnement de l’enfant. Les autres causes d'insomnie sont les maladies (reflux gastro-œsophagien, asthme, infections ORL, etc.), ainsi que des causes psychologiques (anxiété) ou liées à une pathologie du développement (autisme, etc.). Les insomnies idiopathiques (insomnies de cause inconnue), rares, débutent dans l'enfance et persistent tout au long de la vie.

Quels sont les symptômes de l'insomnie chez l'enfant ?

Le terme d'insomnie chez l'enfant désigne 2 entités distinctes : les troubles de l'initiation du sommeil (trouble de l'endormissement, opposition au coucher, pleurs, etc.), plus fréquents chez les enfants de moins de 3 ans, et les troubles du maintien du sommeil (éveils nocturnes répétés ou prolongés). L'insomnie peut entraîner une diminution chronique du temps de sommeil et retentir sur le comportement de l’enfant dans la journée : fatigue, manque d'énergie, difficulté de concentration, irritabilité. Ces troubles nuisent parfois au développement de l’enfant.De la naissance à 3 ans, le sommeil de l'enfant comporte des éveils physiologiques brefs, survenant le plus souvent après les épisodes de sommeil paradoxal. Lors de ces éveils, l'enfant doit être encouragé à se rendormir seul. Les parents non informés, intervenant lors de ces éveils, risquent de « conditionner » l'enfant, qui aura alors systématiquement besoin d'une présence pour se rendormir.À partir de 4 ans, les troubles de l'endormissement peuvent s'accompagner d'une anxiété et/ou d'un refus du coucher, éventuellement responsables d'un retard à l'endormissement ou de stratégies peu adaptées (lit partagé avec un adulte). Une insomnie conditionnée peut également être retrouvée dans cette tranche d'âge.De 10 à 15 ans, le type d'insomnie se rapproche de celui de l'adulte : difficultés d'endormissement, éveils nocturnes, réveil matinal trop précoce, sommeil de quantité suffisante mais vécu comme non réparateur. L'adolescent préfère réduire son temps de sommeil au profit d'autres activités. Un syndrome d'insuffisance de sommeil est fréquent. A la puberté existe une tendance physiologique au « retard de phase » : l'heure du coucher peut passer progressivement de 22h30 à 0h30 entre 12 et 18 ans, pouvant conduire à un syndrome de retard de phase de sommeil.La tendance au retard de phase (décalage de l'heure du coucher, donc de l'endormissement) chez l'adolescent est aggravée par les conditions environnementales (jeux vidéo, télévision, internet, etc.). Le sommeil est initialement de durée et de qualité normales, mais le retard de phase implique des horaires de lever tardifs. Dans la semaine, l'adolescent se trouve donc en déficit de sommeil. Il en résulte une diminution des performances scolaires, des troubles de l'humeur et de la vigilance, que l'adolescent peut essayer de compenser en prenant des excitants (café, drogues). Des difficultés psychopathologiques (anxiété, phobie scolaire, dépression) sont souvent associées au syndrome de retard de phase, et nécessitent une prise en charge psychologique ou pédopsychiatrique.

Qu’appelle-t-on parasomnies de l’enfant ?

Les parasomnies sont des phénomènes musculaires, vocaux ou sensoriels, sans lien avec l’épilepsie, qui surviennent au cours du sommeil. Elles sont le plus souvent bénignes et sans conséquence sur le développement de l'enfant. Parfois, elles peuvent entraîner de la fatigue pendant la journée, voire des blessures lors de chutes (somnanbulisme).Les parasomnies constituent un état d'éveil dissocié, avec une activation des mouvements (somnambulisme) ou des émotions (terreurs nocturnes), mais sans activation de la vie de relation, ce qui explique que les enfants n’en gardent aucun souvenir. Elles sont classées en fonction du stade du sommeil pendant lequel elles surviennent : parasomnies du sommeil lent profond, au cours du premier tiers de la nuit, et parasomnies liées au sommeil paradoxal, survenant en seconde partie de la nuit.

Les parasomnies du sommeil lent profond

Les parasomnies du sommeil lent profond regroupent :

  • les éveils confusionnels, durant 2 à 30 minutes, entraînant confusion, geignements, pleurs. L'enfant semble réveillé mais dort profondément en réalité.
  • le somnambulisme (déambulation nocturne automatique) qui peut durer jusqu'à 20 minutes. L'enfant a les yeux ouverts, un visage inexpressif, et peut accomplir des actes plus ou moins élaborés : descendre un escalier, aller uriner, ouvrir une fenêtre, se saisir d'un objet, etc. On estime que 1 à 6 % des enfants sont réellement somnambules (plusieurs épisodes par mois).
  • les terreurs nocturnes sont des éveils brutaux avec pleurs, hurlements, paroles incohérentes. L'enfant a les yeux ouverts, son rythme cardiaque est accéléré, il transpire abondamment, et les tentatives pour le réveiller s'avèrent en général infructueuses. L'épisode dure de 1 à 20 minutes. Les terreurs nocturnes touchent 15 % des enfants de 3 à 10 ans.

Les parasomnies liées au sommeil paradoxal

Les parasomnies liées au sommeil paradoxal comprennent :

  • les cauchemars,
  • les rêves déplaisants ou effrayants, pouvant éveiller l'enfant. Ils ne s'accompagnent pas de note confusionnelle et peuvent être récurrents ou monothématiques,
  • l’énurésie (pipi au lit).

L'origine et le traitement des parasomnies

On ne connait pas bien l’origine des parasomnies. Certaines d'entre elles, tels le somnambulisme et les terreurs nocturnes, pourraient avoir une origine génétique. Certains facteurs pourraient favoriser les parasomnies :

  • une insuffisance de sommeil et horaires de sommeil irréguliers ;
  • la fièvre ;
  • la prise de certains médicaments (lithium, phénothiazines, certains antibiotiques, etc.) ;
  • la tension de la vessie par excès de boisson le soir.

Un traitement médicamenteux est indiqué lorsque les parasomnies perturbent le sommeil de l'enfant ou entraînent des déambulations potentiellement dangereuses (somnambulisme). 

Pourquoi consulter un médecin en cas de troubles du sommeil chez l’enfant ?

Chez l’enfant, les troubles du sommeil peuvent être un signe d'anxiété et doivent toujours faire l’objet d’une consultation médicale. Si le problème persiste plus d’une semaine, n’attendez pas d’être, vous et votre enfant, épuisés et à bout de force pour consulter votre pédiatre.Les enfants dont l'insomnie retentit de façon significative sur la vie quotidienne, dans un ou plusieurs domaines, doivent faire l'objet d'une évaluation appropriée. Si les troubles du sommeil persistent plus d’une semaine, n’hésitez pas à consulter un médecin. Le médecin procède à un interrogatoire pour connaître les circonstances du trouble du sommeil et l’attitude des parents face à celui-ci. Il fait un examen clinique pour rechercher une cause organique telle qu'un reflux gastro-œsophagien, une intolérance alimentaire ou un problème respiratoire. Le médecin donne des conseils pour modifier le comportement de l’enfant et de ses parents. Il peut préconiser la tenue d’un agenda du sommeil de l’enfant sur 15 jours. Il s’agit de noter l’heure à laquelle la lumière est éteinte, le temps d’endormissement, les éveils nocturnes et l’heure de réveil et lever. Cela peut permettre d’adapter les temps de sommeil.

Que faire en cas de troubles du sommeil chez un nourrisson ?

Pour prévenir les troubles de l’endormissement chez un nourrisson, il est nécessaire de comprendre que les pleurs au coucher ne sont pas nécessairement la traduction d'un inconfort et qu'il convient de ne pas habituer l'enfant à réagir à ses pleurs par une intervention ou une présence parentale prolongée. En particulier, mieux vaut éviter de coucher et d'endormir l'enfant dans le lit parental. Mieux vaut lui montrer que le sommeil doit avoir lieu dans son lit, éventuellement avec un objet transitionnel (doudou, veilleuse, etc.) mais sans présence prolongée de l'adulte.Lors d’éveils nocturnes brefs (habituels dans le cycle de sommeil des nourrissons), il est recommandé de ne pas intervenir, afin de ne pas conditionner l'enfant à la présence de l’adulte et d'éviter de lui redonner sa tétine. S’il ne faut pas hésiter à venir auprès de l'enfant lors des manifestations nocturnes, il est préférable de lui laisser retrouver le sommeil par lui-même pour augmenter son autonomie.

Que faire en cas de cauchemar ?

Les rêves et les cauchemars surviennent plutôt dans la deuxième partie de la nuit, pendant les phases de sommeil paradoxal qui jouent un rôle important dans la mémorisation des connaissances. Les rêves de votre enfant sont le plus souvent liés aux événements survenus au cours de sa journée. Au fur et à mesure qu’il grandit et qu’il se développe intellectuellement, votre enfant fera des rêves de plus en plus élaborés qui lui permettront de régler de manière symbolique ses angoisses et ses peurs.A l’inverse des terreurs nocturnes, un enfant qui fait un cauchemar se réveille, reconnaît ses parents et, le lendemain, se souvient de l’avoir fait et peut parfois le décrire. Des cauchemars occasionnels permettent à l’enfant d’évacuer les tensions de la journée, il n’y a donc pas lieu de s’inquiéter. S’il ne se rendort pas et qu’il se met à pleurer, allez-le voir, calmez-le avec un câlin, il a besoin de sentir que vous êtes là pour se rendormir paisiblement. Le lendemain, parlez-en avec lui, avec des mots simples. Essayez de le rassurer, par exemple en lui racontant un de vos cauchemars, pour qu’il n’ait pas peur d’aller se coucher le soir suivant.Des cauchemars intenses et répétés peuvent être le signe d’une anxiété plus profonde (par exemple la peur d’aller à l’école). Dans ce cas, n’hésitez pas à en parler à votre pédiatre.

Que faire en cas de terreur nocturne ?

Les terreurs nocturnes ne sont pas des cauchemars. Elles sont fréquentes chez les enfants et surviennent plutôt en début de nuit (moins de trois heures après l’endormissement) pendant le sommeil profond. L’enfant semble réveillé, il s’agite, il crie, il est en sueur, mais en réalité il dort. Cet état n’est que passager, l’enfant se calme rapidement et continue sa nuit sans se réveiller. Il ne se souviendra pas de cet événement. Ne le réveillez pas au risque de le perturber, et ne lui en parlez pas le lendemain. Ces terreurs nocturnes n’expriment aucune angoisse. 

En cas de troubles du sommeil chez un enfant, le médecin conseille les parents pour voir comment modifier leur comportement et celui de leur enfant. Les médicaments ne sont prescrits qu’en cas d'échec des méthodes comportementales.

Quels sont les traitements des troubles du sommeil de l'enfant ?

Un rythme régulier, de jour comme de nuit, est particulièrement important dans la prise en charge des troubles du sommeil chez le nourrisson comme chez l’enfant. Un endroit confortable, des objets familiers et votre présence rassurante l’aideront à dormir paisiblement. Parfois, le simple fait d’évoquer les causes possibles de ces insomnies peut débloquer la situation : l’enfant se sent pris en compte et les parents peuvent éclaircir la situation pour agir en conséquence. Si le problème est trop complexe, un pédopsychologue pourra vous aider.

Le traitement comportemental des insomnies de l'enfant

Dans de nombreux cas, une prise en charge comportementale suffit à résoudre les troubles du sommeil chez l'enfantChez le nourrisson :

  • Ne pas intervenir systématiquement lors des éveils nocturnes.
  • Ne pas rendre systématique la tétée de milieu de nuit.
  • Mettre en place des marqueurs « donneurs de temps » : horaires de lever réguliers, repas et siestes à heures fixes, horaires de jeux réguliers.

Chez le jeune enfant :

  • Mettre en place un rituel du coucher préparant à la séparation : l'enfant doit être encouragé à s'endormir sans la présence de l'adulte et sans prise alimentaire (biberon).
  • Habituer l'enfant à s'endormir dans son lit. Les pratiques de lit partagé ou co-sleeping (parents et enfants dormant dans le même lit), répandues dans certaines cultures, sont à éviter afin de favoriser l'autonomie du coucher.
  • Si l'opposition au coucher est trop forte, repérer l'heure habituelle d'endormissement et faire coïncider l'heure du coucher avec celle-ci. Redonner confiance à l'enfant dans sa capacité à s'endormir rapidement et sans efforts.
  • Limiter le temps passé devant un écran (télévision, ordinateur, jeux vidéo trop tardifs, etc.)
  • En cas de réveils nocturnes, encourager l'enfant à se rendormir sans intervention et à gérer lui-même ses éveils.
  • Si l'enfant quitte systématiquement son lit ou sa chambre, il convient de repréciser les limites, tout en suscitant une association positive entre la chambre, le lit et le sommeil (rituels du coucher).

Chez l’adolescent :

  • Se coucher quand le besoin de sommeil se fait sentir.
  • En cas d'éveil, se lever et pratiquer une activité calme, se recoucher après quelques minutes.
  • Si besoin, privilégier les siestes de courtes durées (moins de 20 minutes).
  • Éviter les activités trop intenses avant le coucher.
  • Éviter les excitants (boissons énergisantes, café, thé, tabac).

Les médicaments utilisés en cas de troubles du sommeil chez l’enfant

Les médicaments sont utilisés seulement en cas d'échec des méthodes comportementales.Deux antihistaminiques (alimémazine et hydroxyzine), qui ont un effet sédatif, peuvent être utilisés dans le traitement des certaines insomnies de l’enfant (insomnies d'endormissement liées à des manifestations anxieuses au coucher). Le traitement doit être de courte durée (pas plus de 2 semaines). Une somnolence ou des difficultés de concentration peuvent être observés le lendemain matin suivant une prise. Dans ce cas, le traitement doit être interrompu.liste des médicaments mise à jour : jeudi 24 août 2023Antihistaminiques H1

Antihistaminiques H1 sédatifs

Légende

  •  Médicament référent
  •  Médicament générique

Des médicaments de phytothérapie, d’homéopathie, des oligoéléments et des sédatifs contenant du brome ont une indication dans les troubles légers du sommeil de l’enfant. L’âge d’utilisation varie en fonction de chaque médicament. Bien que disponibles sans ordonnance, ces médicaments ne devraient jamais être utilisés sans avis médical. En règle générale, l’usage de médicaments destinés à favoriser le sommeil est formellement déconseillé chez les enfants et les bébés, y compris ceux à base de plantes.liste des médicaments mise à jour : jeudi 24 août 2023Homéopathie

Oligoéléments

Phytothérapie

Sédatifs contenant du brome

Légende

  •  Médicament ayant des présentations disponibles sans ordonnance

Quelle place pour la mélatonine ?

La mélatonine est une hormone fabriquée par une région du cerveau (épiphyse ou glande pinéale) pendant la nuit. Elle est proposée dans le cadre particulier des troubles du sommeil chez les enfants atteints de syndrome de Smith-Magenis (une maladie rare) et/ou de troubles du spectre de l'autisme. Les répercussions de ces troubles du sommeil sont importantes sur la qualité de vie de ces enfants et de leur famille et les mesures d'hygiène du sommeil souvent ne suffisent pas. Pour ces situations, la mélatonine existe actuellement soit :

  • sous forme de comprimés LP dosés à 1 et 5 mg (SLENYTO) indiqués pour l'insomnie chez les enfants et les adolescents de 2 à 18 ans présentant un trouble du spectre de l'autisme et/ou un syndrome de Smith-Magenis,
  • sous forme de comprimés dosés à 2 mg (CIRCADIN) indiqués dans un cadre de prescription compassionnel (anciennement RTU - recommandation temporaire d'utilisation) pour les troubles du rythme veille-sommeil chez des enfants de 6 ans à 18 ans présentant des handicaps neurodéveloppementaux ou psychiatriques.

La chronothérapie et la luminothérapie chez les adolescents

Chez les enfants de 10 à 15 ans, lors de syndrome de retard de phase de sommeil, deux techniques sont parfois proposées pour réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. La luminothérapie (ou photothérapie) consiste à exposer le jeune patient à une lumière blanche sécurisée de forte intensité fournie par une lampe spécifique. La durée du traitement n'est pas codifiée. Utilisée le matin, elle peut être efficace dans le traitement du syndrome de retard de phase. La chronothérapie est une technique comportementale qui peut également être utilisée, seule ou associée à la luminothérapie, comme traitement du syndrome de retard de phase de sommeil. Son principe est de réadapter progressivement les horaires de coucher et de lever en permettant de retrouver un horaire conventionnel. Une fois obtenu, le rythme défini doit être consolidé. 

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